Cet ouvrage retrace, sur une longue durée historique, l’évolution de ce que l’auteur appelle la « guerre économique », depuis la préhistoire et l’Antiquité jusqu’au monde global contemporain. Le livre propose une définition de la guerre économique comme l’utilisation de violences, de contraintes et de moyens déloyaux ou illégaux pour protéger ou conquérir un marché et préserver ou obtenir une position dominante permettant de contrôler abusivement un marché, en temps de guerre comme en temps de paix, par des États, des entreprises, des associations et des individus.
Structuré en six grandes parties, l’ouvrage enchaîne des exemples historiques : rivalités et pratiques de concurrence au Moyen Âge (Hanse, cités-États italiennes, stratégies économiques de souverains, monopoles et embargos), affrontements économiques liés aux grandes découvertes et aux nouveaux mondes (cartes marines, épices, compagnies commerciales, guerre de course), expansion des routes du commerce et coercition (guerres de l’Opium, vol de savoir-faire, blocus continental), montée d’une « guerre économique totale » au XXe siècle (blocus, sabotage économique, conflits économiques entre alliés, guerre froide), puis mondialisation et guerre économique globale (armes contemporaines, rôle des États, et place de l’information comme enjeu et levier de puissance).
Le sommaire et l’introduction mettent en avant l’idée que les échanges économiques ont toujours été traversés par des affrontements, et que les formes de la guerre économique évoluent des violences directes vers des méthodes plus feutrées (espionnage, chantage, guerre de l’information, attaques informatiques, OPA hostiles), tout en restant un phénomène durable des relations internationales et de la compétition économique.