Peau noire, masques blancs est un essai dans lequel Frantz Fanon analyse les effets psychologiques, sociaux et existentiels du racisme et de la situation coloniale sur les relations entre personnes noires et blanches. L’auteur étudie les mécanismes d’aliénation produits par la domination coloniale, notamment le sentiment d’infériorité, l’intériorisation des valeurs du monde blanc et la recherche de reconnaissance au sein d’une société structurée par les hiérarchies raciales.
L’ouvrage examine notamment le rapport entre le Noir et le langage, les relations entre femmes de couleur et hommes blancs, celles entre hommes de couleur et femmes blanches, ainsi que les représentations sociales et psychologiques attachées à la couleur de peau. Fanon mobilise la psychologie, la psychanalyse, la philosophie et l’analyse sociale pour montrer comment les rapports coloniaux agissent à la fois sur les structures économiques et sur la construction de l’identité individuelle.
Une place importante est accordée à l’expérience antillaise et à la manière dont la langue française, l’assimilation culturelle, les normes sociales et les représentations de la blancheur peuvent participer à l’aliénation. Fanon inscrit toutefois cette analyse dans une réflexion plus large sur les sociétés colonisées et sur la nécessité de dépasser les catégories raciales qui enferment aussi bien le Noir que le Blanc.
Publié pour la première fois en 1952, cet ouvrage développe une réflexion majeure sur la désaliénation, l’identité, le racisme, la domination coloniale et la possibilité de construire des relations humaines libérées des hiérarchies imposées par la couleur de peau.